Artistes Magazine - Analyse de l'oeuvre de Patrick Waravka

N° 145 - mai/juin 2010

Texte : Françoise Coffrant

Patrick WARAVKA - Les iris violets

Un champ de couleurs

Patrick WARAVKA transcende la couleur au moyen d’effets de lumière. Son travail au couteau dans une matière généreuse, sa palette, à la fois sensuelle et solaire, sont un hymne à la nature.

LES TECHNIQUES

Patrick Waravka a beaucoup étudié l’histoire de l’art, fréquenté les musées pour affiner son regard, déterminer ses choix, avant d’apprendre les techniques picturales.

Doué pour l’observation, la maîtrise du crayon et du pinceau est venue rapidement. L’aventure audacieuse et innovante des peintres impressionnistes qui ont su rompre avec l’académisme le fascine. Patrick Waravka est un peintre de la nature. « Je regarde, je me laisse imprégner par l’atmosphère, les couleurs, l’ambiance d’un paysage » confie le peintre. Parfois, il dessine sur ses carnets les formes d’une fleur, d’un arbre, d’un étang. Il fait confiance à sa mémoire très précise de la lumière et de la couleur. A l’atelier, il restitue ses impressions dans des compositions sublimées par la couleur. Sensible à l’œuvre de Claude Monet, Patrick Waravka peint des fleurs, souvent des iris, thème qu’il décline dans une gamme chromatique de bleu, violet, jaune. L’artiste peint directement sur la toile sans dessin préalable. Il travaille au couteau, dans une pâte généreuse, lisse. Il procède par superposition de glacis transparents. Ses couleurs sont des mélanges subtils d’une grande variété de nuances. Sur un fond vert clair, les iris violets foncé, entourés de feuillages aux multiples verts, ferment la composition à gauche. Au centre du tableau, les iris mauve rougeâtre semblent éclairés de l’intérieur. Ils émergent en pleine lumière dans une harmonie subtile de jaunes et de verts.

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LA COMPOSITION

Dans ses compositions florales, Patrick Waravka fait jaillir ses fleurs d’un fond lumineux souvent de manière presque frontale. Seule lui importe la recherche du rapport existant entre la couleur et la lumière. Ici, la vision de l’artiste en surplomb induit une légère perspective matérialisée par les diagonales formées par les iris. Une bande vert pâle et jaune orangé sépare deux groupes de fleurs. La zone centrale, la plus lumineuse, évoque une tache solaire.

Au pied des iris, les feuillages aux couleurs soutenues semblent onduler sous un vent imaginaire. Les fleurs se détachent de part et d’autre de ces lignes. Leur relief en devient presque palpable.

LE CONTEXTE

Patrick Waravka a quitté la région parisienne pour la côte normande où il a trouvé cette lumière exceptionnelle qui illumine ses travaux de fleurs ou de marines. L’artiste s’est aussi intéressé à d’autres techniques, réalisant des vitraux monumentaux pour plusieurs églises de sa région. Ses compositions tendent alors vers l’abstraction. Certains tableaux de fleurs sont transposés en tapisseries de basse-lisse par les ateliers d’Aubusson.

 

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